Cirque sans animaux : une évolution déjà à l'oeuvre

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Le mardi 29 octobre 2019

Cirque sans animaux : une évolution déjà à l'oeuvre

« Un autre cirque est possible, et il existe déjà »
 

Un « non » aux animaux sauvages, mais un « oui » aux cirques 

Un « non » au cirque avec animaux sauvage : une évolution qui se met en marche depuis déjà plusieurs années. Une évolution même portée par certains grands noms circassiens… 

Pour mieux comprendre les attentes et pratiques des Français quant à la présence d’animaux sauvages dans les cirques, 3 ONG de la protection animale, la Société Protectrice des Animaux (SPA), la Fondation Brigitte Bardot et la Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA), ont réalisé une enquête Opinionway auprès de 1.027 Français représentatifs des Français de 18 ans et plus, en octobre 2019. 

Grâce à cette enquête, l’évolution de la perception du cirque et de ses pratiques à l’égard des animaux sauvages est confirmée.

Deux tiers des Français affirment en effet être défavorables à la présence d’animaux sauvages au sein des cirques. Un chiffre qui reste constant lorsque l’on regarde les précédentes enquêtes d’opinion. 

Malgré cette opinion des Français et de nombreuses concertations ministérielles, dont la dernière en date sous l’égide d’Elisabeth Borne dont nous attendons toujours les mesures, la législation n’a pas évolué. Et sur le terrain, les ONG ne peuvent que constater les failles d’application des normes existantes et les atteintes au bien-être des animaux détenus.
 

Un intérêt pour les arts du cirque non-impacté par l’absence d’animaux sauvages

Clowns, acrobates, jongleurs, magiciens, cirque contemporain, autant de numéros qui intéressent vivement les spectateurs du cirque.

Si l’image d’Epinal du cirque traditionnel semble indissociable de l’utilisation d’animaux sauvages, cette étude révèle au contraire que les animaux sauvages ne sont pas l’exclusive motivation des Français à assister à des spectacles de cirques. Ces raisons, déclarées par ceux qui y vont effectivement, tiennent beaucoup aux opportunités telles que des invitations et des offres promotionnelles mais aussi à l’attrait pour les arts du cirque en dehors des animaux. Et cette raison est partagée par ceux ayant assisté à un spectacle avec animaux sauvages, comme ceux ayant assisté à un spectacle sans animaux.

Mais surtout, les Français réaffirment leur attachement au cirque en indiquant qu’ils iraient au cirque s’il n’y avait plus d’animaux sauvages : 

  • Si seuls 10% des Français se sont rendus au cirque ces deux dernières années, la moitié des Français déclarent qu’ils iraient au cirque s’il n’y avait plus d’animaux. Parmi ceux ayant été au cirque ces 5 dernières années, c’est 73%.
  • Enfin ceux ayant assisté à un spectacle avec animaux sauvages sont 76% à déclarer qu’ils continueraient à aller au cirque, s’il ne présentait plus d’animaux sauvages. 

La présence d’animaux sauvage n’est pas indispensable aux spectateurs. 

Un paradoxe qui a de quoi surprendre, mais aussi qui laisse optimiste quant aux perspectives du cirque sans animaux sauvages. 

Le cirque, comme tout art, se réinvente continuellement ; qu’il s’agisse des disciplines d’acrobatie, de voltige, de contorsion, de magie, des trapèzes, d'équilibrisme, de jonglage… autant de métiers qui existent et se renouvellent, se référencent et se rendent hommage. 

Pour la Société Protectrice des Animaux (SPA), la Fondation Brigitte Bardot et la Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA), il n’est pas question de « faire disparaître » le cirque, mais il doit évoluer.
En plus des motivations des spectateurs, c’est le regard que nous portons sur les animaux qui a évolué, et nous invite à plus de respect et de considération.
 

Aucun animal sauvage, d’accord, mais pourquoi ?

Il existe des difficultés impondérables liées à la présence des animaux sauvages dans les cirques. 

Les spécificités et les disparités de leurs besoins rendent leur prise en charge particulièrement difficile et leur bien-être impossible. Si les Français sont partagés sur leur opinion quant au traitement (bon ou mauvais) des animaux dans les cirques, ils sont beaucoup plus tranchés sur les besoins indispensables et les impératifs biologiques des animaux sauvages et leur respect au sein de la pratique circassienne. Transport, hébergement, numéros potentiellement dangereux ; autant de raisons pratiques qui font douter les Français.

Par ailleurs, le dressage lui-même présente un portrait peu élogieux de la relation entre l'Homme et l'animal : un rapport de domination et de contrainte vis-à-vis de l’animal.
Quid, alors, de montrer le résultat de ce dressage aux plus jeunes, dans des numéros où les animaux sont asservis à l’Homme ? De montrer que ce dernier est en mesure de « contrôler » les instincts des animaux les plus dangereux et d’en faire des marionnettes, sans que cela ne pose une question de conscience à une foule qui retient son souffle, puis applaudit.

Enfin, la présence d’animaux sauvages n’est pas sans risque pour le public, ni pour le dompteur lui-même : une préoccupation d'importance pour les Français. Tout comme un spectateur peut trembler pour un trapéziste (qui met parfois en danger sa propre vie pour le spectacle), le résultat n’est pas le même si un éléphant ou un félin tel qu’un tigre ou un lion devient incontrôlable et s’attaque à son dresseur ou parvient à s'échapper et attaquer les spectateurs. Exemple criant, puisque pas plus tard que le 28 octobre, veille de la publication de cet article : un dompteur d’ours se fait attaquer par son animal.
 

Ce que vous pouvez faire : 

  • Fréquenter et promouvoir le cirque sans animaux sauvages
  • Écrire à la ministre
  • Écrire aux mairies
  • Écrire aux directeurs et directrices d'écoles
  • Écrire aux CE
  • Signez des pétitions : 

Des chiffres clés * :

  • Seulement 18% des Français voient l'avenir du cirque avec des animaux sauvages. Même parmi ceux favorables à leur présence dans les cirques, seule la moitié envisage l’avenir du cirque avec ces animaux.
  • Seuls 16% des Français ne voient pas de changements nécessaires pour le cirque. Ils sont 56% à souhaiter une évolution des spectacles présentés par les cirques et 26% à penser qu'il s'agit d'une tradition désuète à l’avenir incertain.
  • 71% des Français pensent que les impératifs biologiques des animaux sauvages ne sont pas respectés dans les cirques
  • Le rythme, les comportements, les besoins et aptitudes naturels des animaux sauvages ne sont pas non plus considérés comme respectés, que cela soit dans le cadre de leur hébergement (74%), des numéros (72%) ou encore du transport (75%).
  • Les moins de 35 ans sont à 68% défavorables aux animaux sauvages dans les cirques, parmi lesquels 44% sont tout à fait défavorables. 54% des moins de 35 ans pensent que les numéros avec animaux sauvages peuvent avoir un impact négatif sur le développement psychologique des enfants.
  • 62% des foyers avec au moins un enfant de moins de 18 ans, et fréquentant les cirques SANS animaux sauvages, choisissent délibérément ce type de spectacle par conviction.
  • 71% des Français considèrent que le dressage implique un rapport de force et une contrainte sur l’animal. Ce qui pose question quant à l’impact psychologique de tels spectacles sur les plus jeunes.
  • Enfin, ​70 % des Français notent le danger que représente la présence d'animaux sauvages dans les cirques, aussi bien ​pour le public que pour le dompteur ou les animaux eux-mêmes. 
     

Dans la presse :

 

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